1979
Étudiant à l’époque, je vis pour la première fois dans une ville qui n’est pas celle où j’ai grandi. Pour m’acclimater, pour prendre son pouls, je parcours ses rues, l’appareil en bandoulière.
A hauteur d’une brasserie, je tombe en arrêt devant cette supposée « scène de la vie conjugale ». Ce n’est pourtant pas la perspective d’un hommage aux mises en scène du grand Ingmar Bergmann qui me fait déclencher, mais le visage de la jeune femme qui m’aimante littéralement. L’intensité de son regard – seul élément mobile de la scène – s’oppose au large dos immobile de l’homme qui lui fait face. Les 2 ou 3 autres photos de la série montrent un peu plus tard la jeune femme seule, debout, perdue dans ses pensées (l’homme est parti régler la note ou que sais-je). A ce moment, j’ai failli rentrer pour l’aborder, mais je n’aurais pas su quoi dire…
J’ai déclenché à travers la vitrine, totalement focalisé, captivé par ce visage attirant.
La disposition des éclairages en forme de cloches est fortuite, un bonus dirons-nous, et une forme de clin d’œil en ce jour de Pâques (publié initialement le 12 avril 2020).
